Rencontre Myriam 👋 🌟

Published on September 1, 2026

Bienvenue dans notre série d'interviews qui met en lumière nos organisatrices.

Aujourd'hui, nous partons à la rencontre de Myriam, qui est la fondatrice du Village des adopté·es.


 

Si tu étais un animal...

Aujourd'hui, mon choix se porterait sur le papillon. C'est un animal qui me parle beaucoup pour cette belle capacité qu'il a à se transformer.

 
Quelle est la chose qui surprendrait le plus les gens à propos de toi ?
Alors, j'ai fait 18 ans de musique classique (^^), et je jouais du basson — tu sais, c'est un grand instrument de la famille des bois. J'ai commencé à 7 ans, et clairement il faisait le double de ma taille ! Si tu vois pas, c'est le « Grand-Père » dans Pierre et le Loup, sur la musique de Sergueï Prokofiev. Je travaillais peu mon solfège pour être honnête, mais je m'en sortais toujours au déchiffrage et je ne savais pas pourquoi. Puis un jour, à 16 ans, j'ai découvert que j'avais l'oreille absolue ! 
 
 
Qu'est-ce qui t'a poussé à créer le Village des adopté·es, et comment ta casquette de thérapeute a-t-elle influencé ta vision du projet ?
Alors pour l'anecdote déjà, le nom du Village des Adopté·es m'est venu lors d'une bonne insomnie — en réalité, j'adore l'énergie calme et puissante que peut t'apporter la nuit. Je me suis relevée d'un coup, et c'était une évidence : je me suis dit, c'est exactement ce que j'aimerais créer !
 
Et puis clairement, il n'y a pas une seule consultation avec mes patient·es où je ne me suis pas dit : « si tu savais à quel point tu es loin d'être seul·e à vivre ça ! » Alors c'était la suite logique : après les consultations individuelles, les ateliers collectifs, je voulais créer un espace où on pouvait s'inspirer et se connecter entre nous, sans aucune hiérarchie, aussi simplement que nous sommes — et surtout là où chacun·e en est dans son histoire d'adoption. Comme j'aime le répéter tout le temps, il y a autant de personnes adoptées que de parcours d'adoption !
 
Côté casquette de thérapeute, toute la journée a été construite autour de la bienveillance, du self-love, et surtout de la sécurité émotionnelle !
Et pour le milieu artistique, c'est la casquette que j'occupais avant ma reconversion professionnelle de thérapeute ! 
 
 
Quel a été le plus grand défi pour créer un véritable "Safe space" d'un point de vue émotionnel et psychologique pour les participant·es ?
Je ne voulais pas créer un festival uniquement « festif  », ni une table ronde réunissant que des experts : je voulais un événement totalement hybride. Mon défi, ça a été de créer une journée où chacun·e puisse trouver son refuge et vivre les choses à son rythme — que ce soit la personne venue seule avec l'envie de faire des rencontres, ou celle qui, à un moment, a juste besoin de s'isoler ou de parler. On aura sur place des personnes bienveillantes et formées pour veiller à la sécurité émotionnelle de chacun·e. 
 
 
Comment vois-tu l'évolution de la voix des personnes adoptées dans les années à venir?
Je suis plutôt très optimiste. Je trouve que ces dix dernières années, il y a eu un vrai basculement : une vraie réappropriation de la parole par les personnes adoptées, qui viennent porter leur propre histoire sur le devant de la scène. Je salue le travail de toutes les associations et collectifs qui œuvrent pour la justice et la réparation de nos parcours.
 
Après, j'aimerais beaucoup plus de solidarité entre nous tous — si on mettait toutes nos forces ensemble, on irait encore plus loin ! Mais ce n'est pas toujours facile de faire la part entre sa propre réparation personnelle et une volonté de réparation collective. Un jour, ça changera, j'en suis sûre !
 
 
Quel a été ton premier moment "Eurêka" (ou ta plus grande émotion) depuis le lancement du festival ?
Je crois qu'il y en a plusieurs (j'ai le droit ? ahah) : je dirais les nombreux messages qu'on reçoit de personnes adoptées, qui nous remercient, avec tellement d'amour, pour la création de ce Festival — ça me fait vraiment chaud au cœur ! Je trouve aussi émouvant de ressentir l'adrénaline des artistes du Festival, qui ont conscience de participer aux premières pierres du Village. Et puis, évidemment, avoir la chance de partager cette folle aventure avec une équipe en or — je ne me serais jamais lancée sans elles !