Rencontre Kathy Luna 👋 🌟

Published on September 1, 2026

 Bienvenue dans notre série d'interviews qui met en lumière nos voix du village.

Aujourd'hui, nous partons à la rencontre de Kathy Luna. 


Si tu étais un animal... 

Je dirais le mabouillat, un petit lézard en Haïti. J'aime son côté très souple, capable de se faufiler un peu partout. Mais surtout, face à un obstacle, il est capable de laisser une partie de lui-même derrière lui pour pouvoir avancer, sachant qu'il pourra toujours se reconstruire plus loin.

 

Est-ce que tu peux nous parler un peu de tes racines et de ton premier contact avec le monde artistique ?

J'ai été adoptée à l'âge de quatre ans, et j'ai été très tôt baignée dans le milieu sportif et artistique. Enfant, j'ai vraiment touché à tout : j'ai testé le baseball, le théâtre, mais aussi le cirque, le dessin, la gymnastique... et bien évidemment, la danse. 

 

Et la danse, justement, à quel moment c'est devenu plus sérieux pour toi ?

Vers mes 10 ans ! Mes parents m'ont inscrite au Conservatoire d'Agen pour y suivre des classes de danse classique, puis de contemporain. Après ça, j'ai continué ma formation dans la classe danse du lycée Camille Jullian, tout en poursuivant mon apprentissage au conservatoire et dans des écoles privées de la région. C'est vraiment là que j'ai forgé mes bases.

 

Aujourd'hui, à quoi ressemble ton quotidien de danseuse ?

Aujourd'hui je suis danseuse professionnelle ! Je vis en région parisienne où je continue de prendre des cours, aussi bien en classique qu'en contemporain, dans plein d'endroits différents. Actuellement, je prépare beaucoup d'auditions pour intégrer des projets qui sont tous plus variés les uns que les autres. C'est ça qui est stimulant !

 

Si tu devais décrire ton style et ce qui t'inspire profondément quand tu crées, que dirais-tu ?

Je dirais que j'adore les métissages ! J'aime l'idée de passer du contemporain au classique, de sauter du hip-hop au jazz, tout en y glissant des acrobaties que j'ai gardées de mes années de cirque. Je suis quelqu'un de curieuse et de très sensible au quotidien. Quand je danse, j'aime explorer la question de l'identité ou chercher cette alliance particulière entre les mots et le mouvement. Ce sont vraiment des sujets qui me parlent et qui m'animent.

 

En parlant de cette question de l'identité, tu as justement créé un solo très intime en lien avec ton parcours d'adoptée. Qu'est-ce que tu as voulu exprimer à travers cette création ?

Pour ce solo, j'ai décidé de travailler sur la notion d'absence. Je voulais vraiment creuser sa définition et explorer comment je la ressentais personnellement. Pour moi, l'absence, ça s'apparente à un vide. Le vide laissé par une personne ou par ses origines... Et ce qui est frappant, c'est que malgré le rythme effréné de la vie que l'on peut mener, ce vide persiste toujours au fond. C'est exactement ça que j'ai essayé de retranscrire sur scène par le mouvement : ce vide immense qu'une absence peut faire naître et laisser en nous.