
Rencontre Joanny 👋 🌟
Bienvenue dans notre série d'interviews qui met en lumière nos organisatrices.
Aujourd'hui, nous partons à la rencontre de Joanny, qui fait partie de l'aventure du Village des adopté·es.
Si tu étais un animal...
De mon côté, même si cela fait un peu cliché vis-à -vis de mon pays, je dirais le lémurien, et plus précisément le maki catta — celui qu'on voit avec le roi Julian dans Madagascar. C'est une espèce au fonctionnement très féministe : ce sont les femelles qui prennent le lead dans le clan et qui gèrent tout. Elles vivent beaucoup en communauté, et c'est une dynamique qui me parle. Comme je suis d'un naturel très serein et très investie dans les milieux féministes, le maki catta me ressemble parfaitement !
Quelle est la chose qui surprendrait le plus les gens Ă propos de toi ?
Je pense que ce qui surprendrait le plus les gens, c’est probablement la quantité de choses que je dois mener en même temps ! Je suis actuellement en train de faire un autre Master 2, j’interviens comme intervenante à l’université, je suis en stage dans une ONG, je suis freelance dans la communication et je continue en parallèle mes activités de photographe . Ma vie est assez remplie, et j’aime justement cette diversité. J’ai beaucoup de mal à rentrer dans une seule case !
En tant que personne non adoptée, qu'est-ce qui t'a touchée dans ce projet et poussée à mettre ton expertise au service du Village des Adopté·es ?
Je suis arrivée en France il y a maintenant dix ans, après avoir grandi à Madagascar, dans une culture très différente de celle dans laquelle je vis aujourd’hui. Cette expérience m’a beaucoup amenée à réfléchir aux questions d’identité, de culture, d’appartenance et au regard que les autres peuvent porter sur nous.Je sais que mon histoire est très différente et n'a rien à voir de celle des personnes adoptées, et je ne cherche évidemment pas à les comparer. Mais j’avais envie de travailler sur un projet qui permette à des personnes de trouver un espace où elles peuvent se retrouver, échanger et parler de leurs expériences sans avoir à constamment les expliquer. Depuis quelques années, j’ai aussi plusieurs personnes adoptées dans mon entourage qui m’ont partagé leurs questionnements et parfois leur désarroi. Cela m’a beaucoup sensibilisée à ces réalités.J’ai donc eu envie de mettre mes compétences au service du projet, notamment en communication, tout en apportant mon regard interculturel. Pour moi, l’enjeu était surtout de contribuer à faire connaître le Village sans parler à la place des personnes concernées.
Avec ton regard dans la communication, comment vois-tu l'évolution de ce festival et l'impact qu'il peut avoir sur le grand public ?
J’aimerais que cette première édition soit le début de quelque chose qui puisse grandir avec les personnes concernées. Le Village est avant tout un espace pensé pour les personnes adoptées, avec différentes activités et différents temps de rencontre qui leur permettent de se retrouver, d’échanger et de partager leurs expériences. J’aimerais que le festival puisse évoluer au fil des éditions en fonction de leurs besoins et de leurs envies, et qu’il devienne un véritable rendez-vous pour cette communauté.
Quel a été ton premier moment « Eurêka » (ou ta plus grande émotion) depuis le lancement du festival ?
Je dirais la réalisation de la vidéo de lancement du festival. Avant cette vidéo, le Village était encore beaucoup une idée, un projet sur lequel Myriam travaillait. Et au moment où on a réalisé la vidéo, j’ai vraiment eu cette sensation de voir le projet prendre vie et devenir quelque chose de concret. Mais ce qui m’a le plus touchée, ce sont les retours qui ont suivi sa publication, notamment ceux de personnes adoptées et les commentaires sur les réseaux sociaux. Voir que certaines personnes se reconnaissaient dans ce que l’on cherchait à transmettre m’a beaucoup émue. C’est à ce moment-là que j’ai vraiment réalisé que la communication pouvait avoir une place importante dans ce projet : pas seulement pour faire connaître le festival, mais pour réussir à transmettre son intention et donner envie aux personnes concernées de venir pousser la porte du Village.
